mercredi 21 décembre 2016

Ah! Que la neige a neigé…à la pêche

                                                 

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Une marche interminable sur la rivière gelée. Pour se rendre à proximité d'une petite île où le poisson serait prolifique. Et pour ajouter davantage de suspense à l'aventure, de la neige partout, au point qu'il ne fallait pas s'aventurer sans raquettes.  De la neige partout, tellement qu’il est difficile de distinguer le sol du ciel.

La rivière porte une énorme robe blanche de mariée. « Ah! Que la neige a neigé », disaient les gars, se souvenant du poète durant la longue marche. On s'arrête, on observe la carte, on manipule la boussole avec précaution, on pitonne quelque peu sur le GPS. Il n'y a pas d'erreur, c’est bien ici.

On creuse un trou de un mètre de profondeur. Décidément la glace est épaisse, beaucoup trop épaisse. On se rapproche davantage de l'île, on installe à nouveau tout l'équipement, on creuse avec la tarière manuelle,  une job « à mitaine » qui semble durer une éternité.

Non, la glace est beaucoup trop dure. On n'en vient pas à bout. Et puis la lame a sans doute besoin d’être affûtée.

On révise la carte avec plus de minutie, le GPS est au bon nord incluant les paramètres de déclinaisons. Et soudain, quelqu’un dit :

 — Eeeh,  les gars, on a manqué notre coup. On est des tripeux de cartes topographiques, mais on aurait dû observer un peu plus la nature. Suivez-moi bien : sous nos raquettes, y a de la neige, sous elle, y a une bonne couche de glace, sous la glace... y pas d'eau! On est sur la terre ferme! On s'est trop avancé vers l'île.  Elle est pas si petite comme la carte semblait l’indiquer.

Jurons, sacres, bâtarde de rivière, maudit hiver, on est gelés pis épuisés. En sacrant, les gars se réchauffent et font du pouce sur la rivière gelée, attendant le lift d’un charitable motoneigiste.

— On aurait pas pu avoir le nez ailleurs que sur nos GPS non? Et se fier à notre flair en observant un peu autour de nous?
— Tu peux ben parler, t’as les yeux rivés sur ton androïde depuis le début de la matinée!
— Ah, laisse faire…


Et, bien sûr, il fait sombre, la neige commence à neiger et le lift ne passe pas…

   Daniel Lefaivre

dimanche 11 septembre 2016

Vite, une photo!

                                                                                        

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Ah, la belle journée. Beauchamp et Ginette avaient réussi à trouver une gardienne. Enfin, le couple allait s'accorder un peu de bon temps en ce dimanche après-midi. Pas trop loin, bien sûr. Beauchamp connaissait une petite rivière où abonde l'achigan et où il pourrait prendre un peu d'air pur et, surtout, du repos. Une petite plage de cailloux, pas une âme qui vive à l'horizon... Vite, les chaises, la glacière, la radio et tout l'attirail de pêche!

Pour joindre l'utile à l’agréable, Beauchamp avait aussi apporté son appareil photo numérique haute résolution « flambant neuf » avec trépied et téléobjectif. Il avait installé son bijou entre lui et son épouse, sur la plage, prenant une éternité à mettre sa caméra de niveau et à solidifier l'empattement du trépied. Il prenait plus soin de son précieux joujou qu’il n'en mettait ordinairement à préparer ses cannes. Maintenant qu'il avait mis toutes ses énergies à protéger son équipement de photographe en s’assurant de la solidité de l'installation, Beauchamp était prêt à prendre de bons clichés quand les branchus se rapprocheraient de la rive.

En attendant, il surveillait les cannes, confortablement installé dans son fauteuil «pliant-rembourré» de style La-Z-Boy à la plage... Nos pêcheurs sportifs pêchaient activement à la ligne morte.

Ginette ne se préoccupait pas vraiment de sa canne, sachant très bien que, de toute façon, «ça ne mord jamais ». Elle prenait plaisir à se faire dorer au soleil, profitant du peu d'occasions qu'elle avait pour se relaxer.

Tout à coup, la canne de Ginette donna signe de vie.
— Hé! ça mord à ta ligne! lui signifia son mari.
— Hum! Quoi? répondit Ginette, rêveuse. Pour elle, le réflexe qui consiste à se précipiter vers la canne afin de ferrer le plus vite possible était, comment dire… totalement inexistant.
Alors c’est d'un seul bond que Beauchamp prit la relève et se dirigea à toute vitesse vers la canne de sa tendre moitié. Dans son élan spontané, ne pensant qu'à la capture d'un achigan, dans sa course effrénée comme un demi défensif, il s'accrocha au passage et trébucha sur le trépied qui bascula dans la flotte...
Résultat : objectif brisé, boîtier inondé, tubulure tordue, et... un genou amoché.
De voir son mari « planter » comme ça pour un petit poisson, Ginette avoua :

— Dommage, ç'aurait valu une photo! ...


 Daniel Lefaivre

dimanche 7 août 2016

Brochets du Lac Mékinac



Brochets du Lac Mékinac


Tiens, et si je commençais cette chronique sur la pêche en vous proposant d’écouter deux chansons? Une de Marc Déry qui parle de pêche à la truite. Le titre : Poisson d’avril. Ça va vous mettre dans l’ambiance de la pêche! Avouons qu’il est rare d’entendre une chanson dont les paroles sont aussi de la musique aux oreilles des pêcheurs! Il est encore plus rare que les vocables de la poésie mettent en scène le langage populaire d’une « gang de t’chum » qui part à la pêche.  En écoutant cette chanson qui contient des mots comme « float tube » « trolle », « des mouches et une canne à mouche » et « du stuff pour les mouches » ne peut que me réjouir.  Elle deviendra dorénavant ma deuxième  toune de char, direction Lac Parent!  




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Parce que ma première chanson demeure encore « La bitt à Tibi » de  Raôul Duguay pour ses sublimes paroles :
"Moi j'viens d'un pays qui est de lacs bien rares
Moi j'viens d'un pays Ousque l'poisson mord"

Ou encore

« Je jouais de l'Harricana
 Sur la rivière Harmonica»




C’est la ouananiche qui m’a inspiré cette introduction en chanson! Pour ceux et celles qui se disent : « mais où est-ce qu’il s’en va dans cette chronique de pêche? », je répondrai que cette espèce de poisson se nomme ainsi par les Montagnais, ce qui signifie « le petit égaré* », un saumon prisonnier de l’eau douce à l’époque glaciaire. 

Alors voilà pourquoi il m’arrive de m’égarer à mon tour dans ce blogue d’eau douce!




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13 juin 2016, une petite expédition de pêche avec mon bon ami et guide de pêche professionnel, Thierry Rimbault, direction Lac Mékinac, avec comme objectif dame ouananiche! Temps maussade, pression barométrique à la hausse, journée froide et pluvieuse. Le genre de journée où même avec un manteau d’hiver, les frissons finissent par vous gagner! Le genre de météo où on souhaite faire une sieste auprès d’un bon feu de foyer! Mais la passion de la pêche l’emporte toujours sur les frissons et les grelottements! Il ne s’agit que d’une touche pour vous ragaillardir et vous faire oublier tout inconfort!
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Cette journée-là il y eut grève générale chez les ouananiches. Le délégué syndical leur avait donné l’ordre de se cacher aux confins du lac, de ne pas bouger, de se prémunir contre les sonars et de pratiquer le jeûne obligatoire pour les prochaines 24 heures. Ordre qui fut admirablement bien respecté.
Mon guide décide alors d’aller taquiner le brochet dans diverses décharges du lac où on retrouve de petites et très longues rivières ou le brochet pourrait s’intéresser à nos Mepps et nos cuillères ondulantes Williams. 


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Le bonheur d'admirer les falaises et la nature en jetant un œil sur les downrigger, on ne se tane pas!












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Remonter une rivière, découvrir ses moindres méandres et trouver les carnassiers!
Pour en savoir plus sur Thierry Rimbault, guide de pêche professionnel, je vous invite à lire mon blogue de pêche sur la pêche à la grise au jig.








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Cliquez pour agrandir:
le calme avant la tempête, la rivière qui nous invite à s'y réfugier.
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Se concentrer sur quelques beaux spécimens de brochets
comme celui-ci et on ne voit pas passer la journée!
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De l'action, des brochets agressifs que ne s'en laissent pas imposer!
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Ben oui, je porte un manteau d'hiver, c'est comme ça au mois de juin au Québec parfois!
Même en Mauricie! Je ne me lasse pas des sensations que nous donne ce monstre
 d'eau douce, même quand il est de petite taille!

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Un filet de brochet, bien apprêter et sans arêtes est un délice! Surtout à l'extérieur!
L'illusion d'un "shore lunch" dans ma cour!
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Résultats final, prêt à déguster les filets préparés par Thierry...
et prêt à repartir à la pêche!

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Vous pouvez suivre Thierry Rimbault sur: https://www.facebook.com/maud.rimbaultdesmazures?fref=ts

Pour être informé de la parution de mes articles, vous pouvez me suivre sur ma page Facebook, Parlons pêche.

Daniel Lefaivre







mercredi 13 juillet 2016

Sauve qui peut!

                                                                        

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Sauve qui peut!



La matinée était grise et triste. Pas un rayon de soleil à l'horizon et l'épais brouillard qui pesait lourd sur la colline tardait à se dissiper. Au-dessus du lac, on aurait juré qu'une toile d'araignée retenait dans ses fils des nuages si sombres et si denses que l’orage n'annonçait rien de bon pour la pêche.

Gilbert et André avaient déjà mouillé leur ligne. Ils s'étaient dissimulés dans les buissons, attendant qu'une petite truite vienne agiter une mouche sèche. Mais il y avait quelque chose d'anormal : le frisson de la veille ne les avait toujours pas quittés. Ils avaient passé leur soirée en compagnie de plusieurs amis, à parler de morts, de revenants, de fantômes, de vampires et de soucoupes volantes. La nuit fut courte et le sommeil fragile. Tous ensemble, ils avaient réussi à se donner la frousse. Chacun de son côté revivait ces émissions de chasseurs de fantômes avec des images en noir et blanc. Chacun de son côté revivait ces émissions où des spécialistes des objets volants non identifiés nous montrent de superbes photos de soucoupes provenant de la planète Mars…

Sans prononcer un mot, les deux pêcheurs restaient immobiles, l'un assis, l'autre accroupi, les yeux braqués sur le lac. Le froid, l'humidité et les souvenirs de la veille avaient de quoi les faire frissonner.

Tout à coup, un large rayon lumineux traversa le ciel, fit une raie dans les nuages et échoua sur la colline, tout près des pêcheurs. Le vacarme provoqué par la lumière qui filait à basse altitude avait inquiété les pêcheurs. Était-ce un appareil supersonique? Un éclair phénoménal? Un mort vivant qui revient de l’au-delà? La réponse n'allait pas tarder.

Car cela bougeait dans la forêt. Et la chose bougeait même en direction des pêcheurs. Il ne ventait pas, et pourtant des branchages et des rameaux s’agitaient. Quelques sons incongrus étaient aussi perçus des pêcheurs.

Gilbert commençait à s'affoler. Cette lumière intense, ce fracas, et la brume qui n'aidait en rien, tout cela était-il un simple événement naturel et cohérent? Les deux pêcheurs échangèrent un regard dont la signification était claire : puisque de toute façon le poisson ne mord pas, pourquoi n'irions-nous pas déjeuner?... et tout de suite!

Mais, trop tard. Un être étrange observait déjà le moindre mouvement des deux hommes. C'est André qui, plus sensible, avait «flairé» quelque chose. Son regard s’était immédiatement orienté en direction de la forêt où il put voir une forme vivante écarter les branches et les feuilles et regarder dans sa direction. Gilbert, affolé, avait déjà abandonné sa canne à pêche, mais la peur lui rivait les jambes au sol.

L'être étrange s’avança. On put alors distinguer que sa poitrine était d'un vert grenouille, qu'il avait une petite tête jaune ou quelque chose du genre, et qu’il faisait osciller une antenne de gauche à droite, comme pour mieux se diriger. Il ne faisait pas un mètre de haut et semblait malhabile à se mouvoir en forêt.

C'en fut trop! Gilbert se sauva à toutes jambes, abandonna son équipement, piqua au travers des buissons, sans emprunter le sentier et se retrouva, essoufflé, épuisé, blanc comme un drap, devant sa conjointe qui faisait une petite marche matinale sur la route pavée.

— Écoute, dit-il à moitié mort, y a un extraterrestre qui... y a une chose verte et jaune, avec une antenne, et puis ça bouge, et puis c'est un extraterrestre qui... ou un loup-garou... enfin je sais pus...Reste pas là, c’est dangereux!

Inquiète, la conjointe tenta de le calmer, car elle ne comprenait pas grand-chose à tous ces éclats. Elle lui demanda ce qu'il advenait aussi de son frère qu'il avait abandonné.
Gilbert n'eut pas le temps de répondre. Il tremblait comme une feuille et sa voix s’était aiguisée.

— Vite, sauve-toi, c'est une espèce de grosse bibitte, au secours!...

Par chance, on pouvait entendre André qui arrivait au bout du sentier, transportant l'attirail de pêche des deux hommes et accompagné... d'un jeune gamin, imperméable vert, bonnet jaune et canne à pêche à la main! C'était le petit Pierre des voisins qui avait eu la permission de rejoindre nos deux braves.

La foudre l'avait un peu ébranlé étant donné qu’elle était tombée près de lui, mais petit Pierre se portait très bien.

Gilbert s'est longtemps senti le dindon de la farce quand André se mettait à raconter l'histoire des extraterrestres! Et quand sa compagne s'amuse aujourd'hui à décrire l'état de panique du pauvre Gilbert, la moquerie et le rire sont au rendez-vous!

 Daniel Lefaivre
Blogue de pêche


dimanche 26 juin 2016

Brochet du Lac Saint-Pierre

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 Vendredi 24 juin 2016, congé de la Saint-Jean, on fête à notre façon en s'offrant une journée de pêche au Lac Saint-Pierre!

(Cliquez sur les images de pêche pour agrandir)

Une eau assez froide (68° F), un vent léger venant de l'Est, une pêche à la traîne le long des herbiers et des structures.

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 Un petit doré noir est venu attaquer mon Flicker Shad
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 Trois  beaux petits brochets, tous capturés avec les célèbres spinnerbait, auxquels je rajoute un montage selon mon humeur et la couleur de l'eau.

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 La préparation des filets inspirée d'un article pris dans le journal avec les conseils de Roger Gladu, rien de moins.
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 Le résultat, prêt à déguster!
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...avec le contrôle de la qualité fait par un inspecteur chevronné afin de s'assurer qu'aucune arrête en forme de "Y" ne viennent gâcher le plaisir...

Ici, on a affaire à un duo de prénoms, ce sont les "Frères André"...
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Et la finale, sur le barbec, c'est presque un "Shore lunch" !

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Une histoire de pêche imprévue!

lundi 18 avril 2016

J'me baigne pus!

                                                                            

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« Se baigner dans ce lac-là? Tu y penses pas, c'est de la vraie folie! Moi j’me baigne pus! C'est trop dangereux. Pis j'parle pas des sangsues ou des moules qui vous tailladent les pieds, non, j'ai vu pire! Ben pire! »

« Ça s'est passé l’autre semaine. J'prenais mon café ici, en face du lac, assis sur cette vieille chaise de parterre. Le soleil commençait à se lever. Y devait être à peu près cinq heures et
demie. J'étais en train de me dire que la pêche allait être bonne à matin. La nature était à son plus beau. La brume s’était dissipée, j’entendais plein d'oiseaux qui en jacassaient un coup, pis j'observais la mère canard avec ses quatre petits qui la suivaient à la file indienne. Ça sentait bon, ça sentait frais les conifères. Si je pouvais arrêter le temps, c'est à cinq heures et demie du matin que j'le ferais! Pouvoir planter un clou dans l’horloge pour que l’aiguille passe pus, ce serait-y merveilleux, non? L’eau était claire et paisible, un vrai miroir. L’image de la montagne se reflétait dans le lac sans aucune distorsion. Une vraie beauté.  Une vraie carte-postale même. Les canards sauvages faisaient presque pas de bruit. Je voyais juste une petite onde sur l'eau quand ils se déplaçaient. »

« Tout à coup, j’ai vu un énorme poisson surgir de l’eau, gueule grande ouverte, juste en dessous de la mère canard. Ça a fait un bruit é-pou-van-table! L’espèce de monstre a bondi hors de l’eau comme une bouée qui refait surface. Subitement prisonnière, la cane a gémi un long “kouac...". Puis elle a tenté de battre de l'aile, sans succès. Les puissantes mâchoires retenaient
une bonne partie du corps, dont une aile. J’ai vu la tête de la mère canard se tourner vers ses petits, puis son cou s'est étiré au maximum, comme si cela allait l'aider à se défaire de
cette impasse. »

« Sous la puissance de l'impact, seule la queue du monstre était demeurée dans l’eau. Son corps fusiforme ne s'était même pas tordu ou plié. C’est pas croyable le swing que ce poisson a pu se donner. L'animal aux dents acérées s’est laissé tomber de tout son poids, entraînant sa nouvelle proie dans le monde sous-marin. »

« On aurait juré qu’un météorite tombait à l'eau tellement ce point du lac était devenu agité. C'est pas croyable l'eau qui a r'volé c'te fois-là! Un énorme brochet ou un maskinongé qui
bouffe un canard de même, ça fait brasser des choses en dedans quand tu vois ça! Ça prend tout un carnivore qui a l'esprit plus gros que la panse. Y aurait pu se contenter d'un canardeau! »

« Pis après, pus rien. Le calme est revenu. Les canetons tournaient en rond et cherchaient leur mère. Y tournaient en rond autour de quelques plumes qui étaient remontées à la surface.
Les petits canards chantaient des notes fausses et criardes. Tu peux pas savoir l'effet que ça m'a fait. Regarde, y sont tout seuls aujourd'hui. Y s'promènent comme ça maintenant sans
leur mère. Sont beaux hein? C'est des orphelins. On dirait qu'y se souviennent de l’endroit maudit. R’garde-les ben aller, tu vois, y restent au bord à c't’heure. On dirait qu'y sentent le
danger qui les guette s`ils s'aventurent plus loin sur le lac. »

« Moi c'est pareil. J’aime mieux être prudent…

J’me baigne pus… »

Daniel Lefaivre

lundi 21 mars 2016

Nouveaux leurres pour la pêche 2016

Dans ma vie, j’ai fait beaucoup de pets.  Des assez gros à part ça!  Et ça sentait tellement bon! C’est normal, avec une famille, on prépare toujours quelque chose à manger. J’ai donc fait beaucoup de pets de sœur… Pas question de gaspiller les restes des abaisses des tartes, pâtés et tourtières! Alors on récupère les découpes de pâtes, on les recolle ensemble et avec du beurre et de la cassonade, on en fait des pets de sœur! Pas question d’acheter des faux pets au supermarché provenant de la boulangerie industrielle qui, pour des raisons de rectitude imaginaire, a osé appeler leur produit « Tourbillons »…  

Pensez-y un instant, nommer un produit alimentaire qui est le résultat de flatulences ecclésiastiques mérite qu’on s’y attarde un instant! La légende veut que les religieuses en mangeaient souvent et puisqu’il s’agit d’un met qu’on prépare sans recette, cela devenait «facile comme un pet », d’où son nom. Dans la littérature gastronomique il ne faut pas confondre pet de nonne, plus français celui-là qui est plus un beigne en forme de boule qu’on fabrique avec de la pâte à choux. Mais c’est une autre sorte de pet, plus gros celui-ci et qui sent moins bon.

Vous vous demandez sans doute où je veux en venir dans cette chronique de pêche? C’est que je suis de la génération des pets de sœur. De cette époque où le gaspillage n’avait pas faufilé son étymologie dans le mot « récupération », non, bien avant. Cette époque où une cuillère rouillée, mais encore colorée pouvait toujours servir à capturer du poisson. Tiens, je parle de cuillère…je suis dans un article de pêche ou de recettes? 

Toujours est-il que je suis devenu très conservateur dans le choix de mes leurres au fil du temps, influencé par le contenu de mon coffre de pêche qui à l’époque des soutanes était garni presque exclusivement de cuillères. Et voilà, je sors du placard, je vous l’avoue, après tant d’années à feindre la réalité, voilà, je crache le morceau, je suis beaucoup plus « cuillère » que « poisson-nageur ». Je sais, je viens de vous lâcher ça en plein visage, vous n’y étiez pas préparé, comme un pet qu’on ne peut retenir et qui surprend tous vos invités.

Des cuillères donc et que des classiques, des traditionnelles, des tournantes, des ondulées qui me permettent souvent de faire de belles pêches! Ne nous méprenons pas, j’ai au fond de mon coffre, une vraie panoplie de poissons-nageurs, mais mon premier réflexe est toujours porté vers mes fameuses cuillères. Parce que je me fais prendre et ne peux résister à l’achat de ces imitations de poissons tellement réalistes! Il faudra bien un jour que je teste pour de bon ces leurres de prédilection.


Mais pour l’instant, j’ai eu l’occasion de pêcher l’automne dernier avec quelques nouveautés 2016 de la Cie Brecks (Mister Twister, Cyclops, Williams, Mepps, etc) qui m’on donné d’excellents résultats. En voici un résumé.

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Lake Clear Wabbler (feuille de saule)
4 nouvelles couleurs pour la prochaine année avec des coloris populaires, toujours sur une base d'argent véritable. Melon d’eau, rose, chartreuse, bleu et vert. La feuille de saule rose et jaune m'a donné de bons résultats avec un streamer ou bucktail à 30 pouces. Fait non négligeable, ces leurres sont fabriqués au Québec.


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Mepps Syclops Lite

Les qualités qui rendent les Syclops réguliers si efficaces, les 10 surfaces réfléchissantes, l'action irrégulière, les finitions d’or et d'argent véritables, sont également présentes dans la série Lite. Pesant la moitié du poids, le Lite peut être utilisé en eau peu profonde et donne autant de mouvement alléchant que les Syclops à des vitesses plus lentes. Des finitions réagissant aux rayons ultraviolets avec des yeux et un hameçon rouge sang complète le Syclops Lite.

Le Syclops est un élément de base dans l'arsenal de tout pêcheur à la cuillère. La version Lite peut être utilisée à la traîne, à la dandinette, au lancer ou à la dérive, mais il brille vraiment dans une présentation à la traîne. Les Lites sont performant à la traîne pour vos espèces préférées : truites brunes, arcs-en-ciel, grises et brochet. 


WILLIAMS RIDGEBACK
Williams célèbre son centième anniversaire en 2016. Pour commémorer cet événement, la série Ridgeback a été introduite nommée RB100.
Plus compact et plus lourd, le Ridgeback pèse 2/5 oz et mesure 1-7/8 pouce. Avec sa forme et son style éprouvés, il est idéal pour le lancer, mais aussi pour la traîne et la dandinette. Un leurre polyvalent aussi efficace sur les brise-lames des Grands Lacs que sur les lacs intérieurs. Pour espèces variées.
Les finitions d’argent véritable et d’or 24 carats, marque de commerce de Williams, reflètent toute la lumière disponible plus loin en profondeur. Il est produit en 15 différentes finitions incluant les classiques en argent, en or et ½ & ½ d’or et d’argent. Pour compléter la sélection, nous avons ajouté le cuivre et des accents de couleurs sur
des bases argent ou or pour la truite, le saumon, le brochet, achigan et le doré.

Un classique canadien à réputation mondiale.


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Harnais à vers

Chaque harnais à vers de Mepps comprend une chape spiralée en acier inoxidable pour changement rapide de palette, un ameçon simple ultra flexible et un fil d'acier tressé de 20 livres de résistance.

Le Trolling Rig » a été conçu dans le nord de l’état du Wisconsin par Terry Leffel, un pro de pêche au doré. Une journée, quand il faisait trop mauvais pour sortir, il a commencé à bricoler. Il a pris quelques uns de ces Mepps et les a défaits. Remontés avec une version de mouche « streamer » et suivi d’un hameçon stinger, il les a mis à l’épreuve le lendemain avec succès. Il avait créé un nouveau leurre. Un an plus tard, suivis de plusieurs modifications et des centaines d’heures de mise à l’épreuve sur l’eau, Mepps lance le nouveau leurre perfectionné.En partant du bout de l’hameçon le Trolling rig est un leurre très bien pensé. Le trépied « stinger » est attaché avec un système de loupe rendant le changement d’hameçons simple et vite fait. Monté sur un fil d’acier inoxydable tressé beaucoup plus résistant que le monofilament. La garniture de l’hameçon du haut est offerte soit en queue de chevreuil pour une présentation plus subtile et naturelle ou en garniture métallique pour plus de brillance et luminosité. Le corps flottant permet au leurre de demeurer en suspension. Ce type de leurre est utilisé souvent à l’aide d’un marcheur de fond à des vitesses bases pour le doré. Sans le corps flottants le leurre accrocherait au fond à chaque pose ou changement de direction. La palette originale Aglia de Mepps à faits ces preuves depuis 75 ans. Elle émet une vibration et un pulse sonar qui n’a pas d’égale.


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La version 2015 m'a aussi donné de bons résultats:

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D'autres nouveautés:

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Nouveaux leurre pour la pêche 2016
Daniel Lefaivre
Blogue de pêche

samedi 20 février 2016

À la pêche, faut le prendre avec des gants!

                                                             
                                            
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Imaginez la baie de vos rêves : juste assez grande pour penser qu'un poisson puisse y passer une partie de sa vie, du vairon à profusion, un bon soleil, une plage naturelle, une eau limpide. Presque trop beau pour être vrai! On peut passer des heures à regarder les menés voyager en bancs serrés. On peut passer des heures, pantalon aux genoux, à tenter de capturer un de ces petits poissons aux fins d’analyse si on est trop gêné de dire qu’on fait ça pour le fun, comme un gamin.  Imaginez ce site enchanteur, vous le voyez, vous le sentez, vous y goûtez, vous ne voulez plus le quitter, vous êtes subjugué, vous êtes hypnotisé! Et le pendule qui vous rend dans cet état n'est rien d'autre que votre leurre qui se balance au bout de votre canne et que vous fixez depuis le début de cette aventure…

Mais pour certains, ce plan d'eau était trop beau pour être vrai. Ti-Guy et Ti-Paul s'apprêtaient d'ailleurs à le traverser pour se rendre de l'autre côté de la baie. Là, il y avait un « vrai » lac. Là, il y avait des spots « virils »! Ça grouillait de poissons!

Et ce fut le cas pour toutes les équipes de pêcheurs qui campaient dans cette baie. Un par un, les bateaux traversaient la baie sans même s'arrêter pour tenter un p'tit coup, ou pour traîner un brin. On ne compte plus le nombre de pêcheurs qui négligèrent cet endroit de prédilection dont une fosse inconnue atteignait presque 40 pieds. Valait mieux aller dans le grand lac, affronter les vents violents, se geler jusqu’aux os. On avait
ainsi l'impression de forcer le destin, ou du moins de travailler dans le bon sens. « La baie du camping, c’est juste un trou d'eau, disaient les pêcheurs, une plage pour faire du nudisme dans la nature, un coin pour faire des barbecues, pas un spot de pêche,
voyons! »

Et puis, comme disait Ti-Paul :

— Tant que tu peux voir ton char pis ta tente, c’est que t'es pas encore rendu au cœur de l’action, si tu vois ton char, c’est pas de la vraie pêche! Et pis, si on a quelque chose à dire, y vont tous nous entendre avec l'écho du lac... Et pis qu'est-ce que les autres vont penser? Qu’on se pratique, qu'on a peur de pêcher... Oh! pis c’est trop beau par ici pour que ça morde... y vont penser qu’on se rince l'œil en reluquant sur la plage...
Mais Ti-Guy, lui, gardait un doute raisonnable. Il y avait suffisamment d'éléments pour qu'il y ait doute : algues, menés, rochers, fosses, tous les éléments de la nature révélaient peut-être la présence de poissons dans ce « minable » trou d'eau.

La table à pique-nique croulait sous le poids des hommes qui dînaient et qui gueulaient contre le fait qu'aucun poisson ne figurait au menu.

— Ça pas mordu fort à matin, hein...
— Fais-toi z'en pas pour ça, dit Ti-Guy, on va se reprendre.
— Ouais, répliqua Ti-Paul, en attendant que le zénith se calme, m'en vas faire une bonne sieste... ça mordra pas plus après-midi. Tu devrais faire pareil.
— Moi, j'vas aller donner un p'tit coup dans la baie. Ça m’intrigue que personne pêche là.
— C'est ça, va faire rire de toi... Pis mets-nous le doute dans l’esprit que tu risques d'en prendre un gros! Surtout que j'entende pas crier que ça mord juste pour me réveiller! On me l'a déjà faite celle-là, pis j'l'ai pas trouvée drôle pantoute!

Ti-Guy n'avait pas l'intention de faire une farce, pas plus qu'il ne voulait perturber le calme bénéfique qui régnait en ces lieux. Il remit l’embarcation à l'eau en relevant la coque et en laissant glisser l'arrière sur l'eau, sans faire de bruit. Puis, d'un
coup, il poussa la chaloupe de toutes ses forces en sautant à genoux sur la coque. Ti-Guy avait horreur de se mouiller les pieds et était devenu expert dans l'art de pousser une embarcation.

L'élan obtenu l'amena doucement à l’eau et à deux pas de la berge. Sans plus tarder, il lança à l'eau un gros poisson-appât relié à une grosse boule flottante rouge et blanche. Il était dans moins de quatre pieds d’eau et tandis que la chaloupe devenait immobile, le poisson-appât lui, bien vivant, filait vers le large.

Ti-Guy laissa l'enclenchement du moulinet à la position « ouverte » le temps que l'appât se rende de lui-même dans la gueule du « loup ».

Se prélassant au soleil, gagné davantage à l'idée de faire une bonne sieste, Ti-Guy rêvassait plus qu’il ne pêchait. L'appât s’était fatigué et reprenait son souffle à l'entrée d’un herbier. Tout était calme. Trop calme! Se réveillant tout à coup comme par instinct, Ti-Guy actionna la poignée du moulinet, juste pour enclencher l’anneau de rotation. Il aperçut, tranquillement, la corde qui raidissait et qui fendait l'eau à mesure qu'elle en ressortait. Immédiatement, Ti-Guy dirigea sa main vers le bouton de pression du frein et le tourna vers la gauche afin de laisser le moins de résistance possible. Pourquoi ne pas ferrer immédiatement? se dit-il. Pas pressé, s'était-il répondu. On verra bien. S'il y a une ouananiche, elle peut faire un bout de chemin avec sa proie dans la bouche avant de s'arrêter pour l'avaler. Ti-Guy savait cela et ne se pressait pas pour ferrer.

— Hé, Ti-Paul, réveille-toi! Viens voir, j'ai quelque chose de gros!

Effectivement, il s’agissait d'un superbe spécimen, le roi de la nature surnommé le saumon d’eau douce. Et il en faisait voir de toutes les couleurs à Ti-Guy. Sans s'épuiser, la bête donnait d'énormes coups de tête, à droite, à gauche, sans répit. Son corps se courbait pour donner à la queue toute la puissance requise. La ouananiche frôlait le fond de l'eau, tantôt elle cherchait une embûche, tantôt elle se préparait à bondir hors de l'eau en direction du pêcheur afin de créer un dangereux mou dans la ligne. Un peu plus et Ti-Guy croyait le saumon capable de vous boucler un nœud Palomar par ses acrobaties aériennes!


— Woah! Ça gigote, ça, monsieur! Tiens bon, continue comme ça pis tu vas avoir droit à la sauce béchamel ce soir!

Ti-Guy ajusta son moulinet avec une pression supplémentaire, car le saumon d'eau douce s'éloignait toujours. Et comme la petite bobine de son lancer léger ne contenait que cent verges de huit livres test, il préféra offrir une plus grande résistance au saumon avant que l'aventure ne se termine en queue de poisson. Mais la ouananiche n'apprécia pas. Toujours combative et pas le moins du monde épuisée, elle continua son combat en accentuant davantage le rythme des coups de tête. Ti-Guy devenait de plus en plus dur avec sa ligne, forçait le combat en se servant de la résistance de la canne maintenant
pliée en deux. Puis le coup fatal fut donné. On entendit un puissant « SNAP! ». Le monofilament n'a pas résisté.

— Eh! que c'est bête! Je l'ai trop forcé!

Un coup de rames et Ti-Guy se retrouva sur la berge. Ti-Paul n’avait rien manqué. Un véhicule tout-terrain conduit par un jeune intrépide l’avait empêché de sommeiller. Il se trouvait déjà sur la plage quand Ti-Guy cria qu’il en avait un gros.

— C'est sacrant, hein? lui dit Ti-Paul.
— Surtout que tout le monde disait que le trou d'eau était vide...
— C’était une belle...
Nostalgique et peinard, Ti-Guy scrutait l'horizon et reprenait son calme.
— Mais j'y pense, s'écria-t-il, ma flotte! Où est ma flotte?

Quand la ligne a « snapé », elle a brisé tout près de ma canne... ça veut dire que j'pourrais voir surgir mon flotteur, toujours attaché au poisson!

— Tu rêves en couleur, lui lança Ti-Paul. Si tu vois ton flotteur, tu me le diras, m'a l'attacher après mon char pis on va le sortir de là ton saumon d'eau douce « de bachi de bouzou de tempête des tropiques »...

— Niaise pas, rétorqua Ti-Guy. Va chercher tes gants que tu prends pour fileter les poissons pis suis-moi.

Les deux pêcheurs se retrouvèrent dans la chaloupe, Ti-Guy avait enfilé les gants et scrutait minutieusement la baie dans l'espoir d'y trouver son flotteur.
Et, comme par miracle, la flotte remonta à la surface comme une bathysphère, non loin de l'embarcation.

— Donne un p'tit coup de rames, tout doucement, faut pas l'effrayer, chuchota Ti-Guy qui, penché par-dessus bord, dans une posture précaire, attendait l'instant où il pourrait saisir la flotte et le monofilament.
— Fais ben attention, répondit Ti-Paul, enroule la corde autour de tes doigts pis tire pas trop fort, m'a essayer de l’rentrer dans l’épuisette.
— Ça y est, je l’ai, annonça doucement Ti-Guy qui commençait à enrouler le monofilament autour de ses doigts.
— Le sens-tu le Poisson au moins? Yé ti là? S'empressa de demander Ti-Paul.
— Oh oui! je le sens! Y a eu le temps de récupérer, faut le tirer doucement.

Puis, dès que la ouananiche sentit un brin de résistance, elle fonça droit vers les pêcheurs, bondit hors de l'eau, cracha un jet d’eau en plein visage de Ti-Guy, brusqua ses mouvements et cassa avec fougue le lien qui l'unissait à un triste sort.

— Ça s'peut pas! C'est rendu qui faut le prendre avec des gants pis on est même pas foutus de réussir, tempêta Ti-Guy. C'est rendu qui va falloir venir pêcher avec des gants blancs pis présenter nos leurres sur un plateau d'argent!
— Une ouananiche de 30 livres, certain ça! Pis dire que j’ai toujours pensé qu'y avait rien d'intéressant ici!

De la plage, on entendait une voix :

— Eh! Ti-Guy, qu'est-ce que tu fais, penché de même au-dessus de l'eau?

Ti-Guy regarda vers la plage et d'un ton morne :

— J’admire les bancs de ménés... répliqua-t-il.
— C'est vrai qu'y sont beaux, hein? Être une grosse ouananiche, des fois, je me demande si je serais pas intéressée à venir faire un p'tit tour par ici.  C'est pas la nourriture qui manque... dit la voix.
— Ben y en n'a pas d’gros par icitte. C'est juste un minable trou d'eau, rétorqua Ti-Guy en se relevant...

— Té ben mieux d’aller de l’autre côté de la baie, dans le vrai lac…

Daniel Lefaivre
Blogue de pêche

dimanche 10 janvier 2016

La pêche miraculeuse

                                                                                    

Histoires de pêche, Daniel Lefaivre, blogue de pêche, pêche à la truite
Il y a des moments dans la vie où il ne faut pas trop se poser de questions. Parce qu'on n'en finirait plus, et puis parce qu’on ne trouverait pas toujours les bonnes réponses...

Cela s'est passé sous un soleil torride où la pêche n'était qu'un prétexte pour naviguer sur un lac presque congestionné par les plaisanciers, skieurs et motos marines.

Beaucoup de bruit, des éclats de rire, un vrai tumulte, tout ce qu'il faut pour donner la frousse aux poissons. Bien sûr, Dame Truite n’était pas au rendez-vous. Mais c’était le genre de journée où il fait bon jeter l'ancre, où il n’est pas interdit de prendre du bon temps sur l’eau, à placoter plutôt que de respecter les minutieuses règles sur l’art de la pêche.

Pour conserver au froid nos boissons gazeuses et fortes, j’utilisais le filet d’une ancienne épuisette que je descendais au fond de l’eau. Quand Luc me demandait de lui refiler une autre cannette, je n'avais qu’à remonter la « poche de cannettes » qui demeurait ainsi à la bonne température.

Mais, parfois, il se produit des choses vraiment étranges. En remontant le filet une énième fois, quelle ne fut pas ma stupéfaction d'y découvrir, tout gigotant, un énorme poisson trois-couleurs! Une magnifique truite arc-en-ciel s'était faite prisonnière des mailles! Ne me demandez pas comment elle a trouvé moyen de pénétrer à l’intérieur de la poche à cannettes!

Cela relève peut-être du miracle!
Ou bien était-ce une truite assoiffée?


En tout cas, elle fit le délice du repas du soir. Depuis ce temps, je conserve toujours mes boissons de cette façon!...

Daniel Lefaivre
Histoires de pêche