mercredi 21 décembre 2016

Ah! Que la neige a neigé…à la pêche

                                                 

Histoires de pêche, blogue de pêche, Daniel Lefaivre, Parlons pêche
Une marche interminable sur la rivière gelée. Pour se rendre à proximité d'une petite île où le poisson serait prolifique. Et pour ajouter davantage de suspense à l'aventure, de la neige partout, au point qu'il ne fallait pas s'aventurer sans raquettes.  De la neige partout, tellement qu’il est difficile de distinguer le sol du ciel.

La rivière porte une énorme robe blanche de mariée. « Ah! Que la neige a neigé », disaient les gars, se souvenant du poète durant la longue marche. On s'arrête, on observe la carte, on manipule la boussole avec précaution, on pitonne quelque peu sur le GPS. Il n'y a pas d'erreur, c’est bien ici.

On creuse un trou de un mètre de profondeur. Décidément la glace est épaisse, beaucoup trop épaisse. On se rapproche davantage de l'île, on installe à nouveau tout l'équipement, on creuse avec la tarière manuelle,  une job « à mitaine » qui semble durer une éternité.

Non, la glace est beaucoup trop dure. On n'en vient pas à bout. Et puis la lame a sans doute besoin d’être affûtée.

On révise la carte avec plus de minutie, le GPS est au bon nord incluant les paramètres de déclinaisons. Et soudain, quelqu’un dit :

 — Eeeh,  les gars, on a manqué notre coup. On est des tripeux de cartes topographiques, mais on aurait dû observer un peu plus la nature. Suivez-moi bien : sous nos raquettes, y a de la neige, sous elle, y a une bonne couche de glace, sous la glace... y pas d'eau! On est sur la terre ferme! On s'est trop avancé vers l'île.  Elle est pas si petite comme la carte semblait l’indiquer.

Jurons, sacres, bâtarde de rivière, maudit hiver, on est gelés pis épuisés. En sacrant, les gars se réchauffent et font du pouce sur la rivière gelée, attendant le lift d’un charitable motoneigiste.

— On aurait pas pu avoir le nez ailleurs que sur nos GPS non? Et se fier à notre flair en observant un peu autour de nous?
— Tu peux ben parler, t’as les yeux rivés sur ton androïde depuis le début de la matinée!
— Ah, laisse faire…


Et, bien sûr, il fait sombre, la neige commence à neiger et le lift ne passe pas…

   Daniel Lefaivre